Mardi 26 février 2019 à 18h
à Orléans – Cercil-Musée Mémorial

/// Rencontre

Les philosophes face à la Shoah

avec Gérard Rabinovitch, philosophe et sociologue, directeur de l’Institut européen Emmanuel Levinas, chercheur associé au CRPMS, Université Denis-Diderot Paris VII, Jean-Marc Durand-Gasselin et Nicolas Desré, professeurs de philosophie.

La Shoah a mis en question le statut même de l’humanité dans son unicité. Quel retentissement un tel bouleversement a-t-il suscité en philosophie ? La plupart des philosophes qui ont écrit sur ce sujet furent contemporains du nazisme ; toutefois un abîme sépare ceux qui furent victimes de ceux qui ont acclamé le nazisme. 
Enseigner l’effectivité des faits de la Shoah est oeuvre éducative, mais interroger la désagrégation du sens commun de la justice, de la dignité, de la solidarité dont le nazisme a été l’agent, lors de cette déferlante de négations et d’inversions de toutes les valeurs qui a permis cette destruction, est un impératif civique, voire civilisationnel.




Pendant les vacances d’hiver au Cercil

Mardi 19 février 2019 à 15h
au Cercil - Musée-Mémorial des enfants du Vel d’Hiv

/// Visite ou atelier

Visite commentée du Musée-Mémorial 
ou
Atelier pour les enfants 
« Max Jacob, un artiste persécuté »

Pendant que les plus grands visitent le Musée-Mémorial, l'équipe du Cercil propose aux plus jeunes de découvrir Max Jacob. Peintre, poète français, converti au catholicisme, Max Jacob est réfugié à Saint-Benoît-sur-Loire lorsqu’il est arrêté en février 1944 victime de la politique antijuive de l’occupant et de Vichy. Interné à Drancy, il y meurt le 5 mars 1944, quelques heures avant sa déportation. 75 ans après la mort de Max Jacob, cette année 2019 nous offre l’occasion de réfléchir avec les élèves à la persécution des Juifs de France et de découvrir un « poète mort pour la France ».

Tous publics à partir de 10 ans.
Informations et réservations au 02 38 42 03 91.


Pendant les vacances d’hiver au Cercil

Jeudi 14 février 2019 à 15h
à Orléans – Cercil-Musée Mémorial

/// Projection

Monsieur Max

film de Gabriel Aghion, France, 2006, 86 min.

En février 1944, la Gestapo investit l'abbaye de St-Benoît-sur-Loire et arrête Max Jacob, juif converti au catholicisme, poète et homosexuel. Il est conduit au camp de Drancy. Alice, une orpheline qu'il a choyée alors qu'elle était petite se lance dans une quête auprès de ses amis, Picasso, Cocteau, Marais, Guitry afin qu'ils interviennent pour le sauver.

Tous publics à partir de 10 ans.

Organisée avec la ville de Saint-Benoît-sur-Loire et la Communauté de communes du Val de Sully dans le cadre de l'hommage à Max Jacob.


Mardi 5 février 2019 à 18h
à Orléans – Cercil-Musée Mémorial

/// Conférences

Des insurrections espagnoles de 1934 à la retirade de 1939 dans la presse photographique en Espagne et en France

par Eva Verkest, doctorante à Nanterre, en histoire de l'art. École doctorale 395, Laboratoire Histoire des arts et représentation.

L'historiographie de la photographie espagnole des années 1930 a tendance à insister essentiellement sur la période de la guerre (1936-1939). Cependant, le système des médias et de la fabrique photographique existait depuis plusieurs années. Les insurrections de 1934 ont tracé le chemin sanglant de la guerre d'Espagne et ont induit la nécessité de créer des organes de presse et des images efficaces pour lutter contre le fascisme.

Les réfugiées espagnoles en France (1939-1942)

par Maëlle Maugendre, historienne.

Elles sont entre 75 000 et 95 000 à chercher refuge en France. Des femmes dont on ne parle pas. Des figures subalternes de l’histoire, qui restent dans l’ombre de leurs compagnons d’armes. Des femmes dont les trajectoires et les expériences restent invisibles. Lors de la « Retirada », l’exode antifranquiste au début de l’année 1939, des hommes mais aussi des femmes et des enfants traversent la frontière pyrénéenne pour se réfugier en France. Au croisement de l’histoire des femmes, du genre et des migrations, rendre visibles les femmes espagnoles réfugiées en France de 1939 à 1942 et proposer une narration au féminin de l’exode sur le sol français pour faire advenir ces femmes comme sujets politiques sur la scène historique.


Suivies de la projection du film

No pasaran, album souvenir

film de Henri-François Imbert, France, 2003, 70 mn.

Au départ, il y en a six. Six cartes postales. Toutes représentant l'arrivée, en février 1939, dans les Pyrénées-Orientales, de réfugiés espagnols fuyant la dictature de Franco. Près de cinq cent mille, cette année-là, avaient passé la frontière, croyant entreprendre une marche vers la liberté. Henri-François Imbert est stupéfait en découvrant que la France, éternelle terre d'accueil, avait parqué ces Espagnols, séparé les familles. Il remonte la piste. Et c'est son périple que l'on suit pas à pas, carte après carte.

« Et ce film qui semblait avancer en zigzag, on comprend qu'il suivait une seule et même ligne : retrouver une mémoire perdue. C'est tout un monde disparu qui surgit, soudain, des cartes patiemment pistées par Henri-François Imbert. (…) » Pierre Murat.
En présence du réalisateur.

En partenariat avec les associations d’Espagnols de la Région Centre-Val de Loire, APFEEF Orléans.



Journée internationale de commémoration dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah et à la prévention des crimes contre l’Humanité

Dimanche 27 janvier 2019
à Orléans – Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv

à 14h30 - Inauguration de l'exposition photographique
/// Exposition
Photographier contre l'oubli [1]

à 15h - Rencontre
/// Le grand témoin du Cercil

Lisette Jovignot

Lisette est née en 1935. Sa mère Rachel Haskowiez et de sa grande soeur Margot sont toutes les deux arrêtées lors de la rafle du Vel d’Hiv avec son oncle, sa tante et ses cousins. Elles sont internées à Beaune-la-Rolande, avant d’être déportées par le convoi du 5 août 1942. Son père, Joseph, est quant à lui interné à Drancy en 1943 avant d’être déporté vers Auschwitz. Lisette est, pour sa part, cachée dans les Deux-Sèvres par la famille Dupont à qui vient d'être remise la médaille des Justes parmi les Nations.



Suivie par la projection du film

Stille Retter - Sauvés par des Justes
film documentaire de Christian Frey et Susanne Wittek, Allemagne, France, Gebrueder Beetz Filmproduktion/NDR/ Arte, 2016, 52 min.


Malgré l’implication des autorités françaises dans leur persécution, les trois quarts des Juifs, français ou étrangers, échapperont à la déportation, notamment grâce à des citoyens. Dans ce documentaire, Robert Badinter, Pascaline Magnard, Alfred Grosser, Françoise Meyer, Boris Cyrulnik et Georges-Arthur Goldschmidt témoignent de leur sauvetage.

Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.


Lundi 28 janvier 2019
à Beaune-la-Rolande, Orléans et Pithiviers

/// Commémorations

Depuis 2005 sur les sites des anciens camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, et depuis 2011 au Musée-Mémorial, les jeunes “ambassadeurs de la mémoire” des douze lieux de mémoire de la Shoah en France, lisent à 12h, le texte de Simone Veil et la réponse qui lui fût adressée le 27 janvier 2015, à l’Unesco, par des lycéens et des collégiens.



à Pithiviers :
9h30 Témoignage d'Arlette Testyler, au lycée Duhamel du Monceau.
11h Photographier contre l’oubli. Inauguration de l’exposition au lycée Duhamel du Monceau (voir p.2).
12h Commémoration au square Max Jacob.
15h Un chemin de lumière, les jeunes allemands du Land de Saxe-Anhalt et les jeunes français de la Région Centre-Val de Loire invitent chacun d'entre-nous à cheminer de la gare de Pithiviers au camp. Des centaines de bougies circuleront comme autant de messages d'espoir sur ce dernier chemin emprunté par les hommes, femmes et enfants juifs.
Organisé avec la ville de Pithiviers. Remerciements à Nicole Ladner, Eurobougie.

à Beaune-la-Rolande :
10h Témoignage de Micheline Knoll, au collège et lycée agricole.
12h Commémoration au monument.

à Orléans :
12h Commémoration au Cercil-Musée Mémorial.
14h Témoignage de Lisette Jovignot, au collège J. d’Arc.

Micheline Knoll est née en 1935. Son père Mejer Rubinsztejn originaire de Pologne, épouse Bajla en 1933. Il est engagé volontaire en 1939. Démobilisé en 1940, il est arrêté le 14 mai 1941 et interné à Beaune-la-Rolande d’où il est déporté à Auschwitz par le convoi 5. Bajla et Micheline, échappent quant à elles à la rafle du Vel d’Hiv en se réfugiant chez un oncle.

Arlette Testyler est née en 1931. Son père, Abraham Reiman, originaire de Lituanie, est interné à Pithiviers à partir du 14 mai 1941. Il est déporté le 25 juin 1942 à Auschwitz où il est assassiné. Sa mère Malka, sa soeur Madeleine et elle-même, sont arrêtées lors de la rafle du Vel d’Hiv et internées au camp de Beaune-la-Rolande. Malka parvient à les faire libérer.